De très grandes quantités de nourriture en peu de temps et en culpabilisant
Le terme de boulimie concerne les personnes qui mangent de très (vraiment très très) grosses quantités de nourriture en peu de temps (pas plus de 2h) avec un fort sentiment de culpabilité et qui ont recours à des stratégies dangereuses pour la santé pour éviter de grossir comme, par exemple, se faire vomir, jeûner pendant des jours ensuite, s’obliger de faire du sport à l’excès malgré, parfois, un épuisement, utiliser des laxatifs en quantité excessive.
S’il s’agit de quantités plus petites, on parle de compulsions, ce qui est déjà assez pénible. Ce n’est juste pas de la boulimie ou pas un tableau complet de boulimie…
Les stratégies de réduction du poids = Ce qui distingue la boulimie d’autres types de pertes de contrôle et d’excès alimentaires
Ces stratégies, mises en place pour diminuer ou éliminer la peur de grossir, sont à double tranchant car, si elles permettent en effet d’avoir moins peur de grossir (même si, le plus souvent, elles n’empêchent pas une prise de poids), elles génèrent souvent un fort sentiment de honte, ce qui n’est pas tellement plus facile à vivre. Chez beaucoup de personnes qui souffrent de boulimie, il y a aussi la peur très justifiée des effets néfastes de ces stratégies sur la santé.
Cependant, si la peur de grossir est plus forte que la peur pour la santé, on reste dans les troubles. Des règles alimentaires très stricts enferment la personne dans un phénomène de tout ou rien : « Si je mange de la salade, alors c’est bien, je peux la garder. Si je mange un chocolat, alors j’ai craqué ». Foutu pour foutu (et parce qu’on n’arrive plus du tout à se contrôler), on mange alors de grandes quantités et on tente d’éliminer les effets de ces excès sur le poids de la façon qu’on a l’habitude d’utiliser, même si on en connaît les dangers.
Un des très grands problèmes de la boulimie c’est que ce qui paraissait un super plan au départ (par exemple se faire vomir etc pour éviter la prise de poids tout en mangeant de grosses quantités de nourriture) finit par être un cercle vicieux où les crises se succèdent et finissent par coûter très cher en temps, en énergie et en argent et par empêcher la personne de sortir, d’aller vivre, même quelques jours avec une autre personne, de manger au restaurant etc. La honte et la culpabilité ainsi que la peur que d’autres repèrent le trouble font aussi que ce trouble du comportement alimentaire sont également très pénibles à vivre.
Sortir de la boulimie
Pour accompagner une personne souffrant de boulimie, on conseille un suivi par trois professionnels : un médecin (qui peut être le médecin généraliste), un.e psychologue et un professionnel de nutrition formé aux troubles du comportement alimentaire. Mon parcours est spécifiquement centré sur les troubles du comportement alimentaire depuis plus de vingt ans. Titulaire d’un diplôme universitaire dans ce domaine et enseignante depuis plus de nombreuses années sur ce thème à l’Université d’Auvergne et dans la formation des infirmières à Clermont-Ferrand, je suis spécialisée dans l’accompagnement de personnes souffrant de ce trouble.
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