Critères pour savoir si on souffre d’anorexie
Si le résultat de la division de votre poids [en kg] par votre taille (en m) au carré (ce qu’on appelle l’IMC) est égale ou inférieure à 17,5 (par exemple si vous faites moins de 47 kg pour 1m65), votre poids entre dans les critères de l’anorexie mentale.
Cela ne suffit pas pour définir cette maladie. Le diagnostic d’anorexie mentale n’est posé que s’il y a aussi une peur intense de prendre du poids ou de perdre le contrôle de son alimentation. Pour compliquer le tout, l’anorexie peut commencer voire rester à des IMC supérieures à 17,5 (on parle alors d’anorexie atypique). Si vous perdez beaucoup de poids depuis quelques semaines et que vous vous sentez prise dans une logique de toujours plus de perte de poids, alors il serait prudent de consulter avant que le poids ne descende trop bas et que des phénomènes physiologiques de maintien d’un état de dénutrition ne s’ajoutent aux phénomènes psychologiques.
Voici quelques signaux qui pourront vous mettre la puce à l’oreille par rapport à une possible anorexie : Votre entourage vous trouve trop maigre alors que vous vous trouvez trop grosse. Peut-être une partie de vous est-elle bien consciente que le poids est bas, mais la pensée selon laquelle votre corps est trop gros domine largement et vous pousse à vous restreindre encore. Un nombre croissant d’aliments et de groupes d’aliments vous font très peur et vous les évitez complètement ou vous imposez des quantités très réduites et seulement dans certaines conditions. Vous avez froid quasiment tout le temps. Vos pensées tournent beaucoup autour du contrôle de votre poids et des façons de perdre encore du poids. Les repas sont devenus des moments angoissants ou très ritualisés.
Sortir de l’anorexie, pas facile mais largement possible
Le chemin pour sortir de l’anorexie est souvent long car, même si c’est une maladie, on peut hésiter à changer pour guérir. On veut retrouver la vie d’avant mais en même temps, ça fait peur de remanger. C’est compliqué et très pénible à vivre. Il est nécessaire d’avancer tout doucement en veillant à toujours garder à l’esprit les raisons de vouloir sortir de cette maladie dangereuse pour le corps et si douloureuse pour l’esprit. L’anorexie est un peu comme une prison dont on n’ose pas sortir alors qu’on voit le monde de l’autre côté des barreaux et qu’on a envie de le rejoindre.
Il est important de souligner que guérir de l’anorexie a besoin d’être le choix de la personne qui en souffre. On ne peut pas guérir de l’anorexie pour obéir à des pressions de l’entourage. En effet, ce n’est en aucun cas un caprice mais une impossibilité d’oser se nourrir suffisamment. Bonne nouvelle : on peut en sortir et chaque pas sur la voie de la guérison libère encore un peu et permet de faire plus de choses qui comptent pour soi.
Pour accompagner une personne souffrant d’anorexie mentale, on conseille un suivi par trois professionnels : un médecin (qui peut être le médecin généraliste), un.e psychologue et un.e professionnel.le de nutrition formé aux troubles du comportement alimentaire. Mon parcours est spécifiquement centré sur les troubles du comportement alimentaire depuis plus de 20 ans. Titulaire d’un diplôme universitaire dans ce domaine et enseignante depuis plus de nombreuses années sur ce thème à l’Université d’Auvergne et dans la formation des infirmières à Clermont-Ferrand, je suis spécialisée dans l’accompagnement de personnes souffrant de ce trouble.
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